Clarence Gagnon (1881-1942)

Clarence-A. Gagnon 

peintre - graveur - illustrateur 

  

Clarence-A. Gagnon est né à Montréal le 8 novembre 1881, du mariage d'Alphonse-E. Gagnon et de Sarah Ann Willford. Peu après sa naissance il vécut à Ste-Rose jusqu'en 1891, année de son retour à Montréal, où il commença à fréquenter l'école du Plateau. Dès son jeune âge, il fit preuve d'un grand talent pour le dessin et la peinture. II s'attacha particulièrement aux oeuvres de Gustave Doré. Il fut d'abord l'élève de William Brymner, de la Montreal Art Association, de 1897 à 1900, où il gagna une bourse en 1899. Pendant ses vacances il fixait sur la toile des scènes typiques de la vie rurale du Québec. James Morgan de Montréal après avoir remarqué ses aptitudes l'envoya en 1904, poursuivre ses études à Paris sous Jean-Paul Laurens, à l'Académie Julian. Avant son départ pour la Ville-Lumière Clarence Gagnon avait obtenu la médaille de bronze à la Louisiana Purchase Exhibition de St-Louis, en 1904. Des eaux-fortes exposées au Salon de Paris, en 1905, lui méritèrent une mention honorable. 

  

C'est par ses gravures et. ses illustrations que Clarence Gagnon a atteint la renommée internationale. II fut reconnu comme l'un des trois meilleurs aqua-fortistes du monde. Dans la suite, il continua de peindre le Québec où se retrouvaient encore les images de la vie française. II s'attacha à la peinture avec un vif enthousiasme. Avec Maurice Cullen et Suzor Côté, Clarence Gagnon fut l'un des rares peintres montréalais, qui se soient attachés à vulgariser l'impressionisme au Canada, au début du XXe siècle. 

  

C'est la région de la baie St-Paul qui l'a tout particulièrement attiré à partir de 1909. Ses scènes d'hiver ne contribuèrent pas peu à le faire connaître. Ses peintures des Laurentides sont très lumineuses. De plus il illustra l'édition de luxe du Grand Silence Blanc texte de Frédéric Rouquette à Paris, en 1929. Il illustra aussi en 1933 une édition de Maria Chapdelaine qui compte cinquante-quatre de ses reproductions. Vingt-et-une de ces illustrations servirent à orner le salon particulier de la reine à Rideau-Hall lors de la visite de Leurs Majestés le roi et la reine en 1939. La reine s'y intéressa au point qu'elle demanda à Clarence Gagnon de lui peindre deux toiles du même genre. 

  

Clarence Gagnon fut élu membre de la Société Royale du Canada en 1921 ; associé en 1909 et académicien en 1921 de la Royal Canadian Academy of Arts. Il fut reçu docteur honoris causa de l'université de Montréal en 1938. Il obtint le prix Trevor du Salmagundi Club à New York, en 1923, et participa à nombre d'expositions tenues à Paris et autres grandes villes d'Europe et d'Amérique. 

  

Huit de ses tableaux sont à la Galerie Nationale du Canada, à Ottawa. On en trouve plusieurs autres à l'Art Gallery de Toronto, au Musée provincial de Québec, à Vancouver, à St-Jean, N: B., à Halifax, N: E. Ses gravures ont place au Petit Palais à Paris, au Victoria and Albert Museum de Londres, à Florence, à Vienne, à La Haye, à Liverpool, à Ottawa, à Toronto et ailleurs. 

  

Clarence Gagnon était président de la section des beaux-arts de la commission du Troisième Centenaire de Montréal. Il rêvait d'établir sur le Mont-Royal un musée en plein air, synthèse de l'architecture du Québec. 

  

Il eut le temps, avant de mourir, le 5 janvier 1942, de réaliser une partie de son rêve en terminant la maquette du village-musée reproduisant l'ancienne Ville-Marie. 

Source  : Noël E. LANOIX, "Clarence-A. Gagnon", dans Les biographies françaises d'Amérique, Montréal, Les journalistes associés éditeurs, 1942, 640p., p. 585

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